Il ronronne et il vibre, quelle étrange idée de mettre en marche cette sacrée bestiole, visualiser les comptes et faire quelques recherches plus ou moins
anodines...
Il est presque neuf heures quinze et je me retrouve plantée devant ce cadre lumineux et riche de couleurs, je ne connais pas encore l'issue.
Il est indispensable que je me libère de son étreinte oubien je sursauterai en regardant la pendule dans deux heures.
Pourquoi cette machine fait-elle oublier les petites et grosses choses de la journée ?
Question angoissante qui mérite bien un petit café pour la reflexion.
... un petit sucre... ça brûle !
Je ne suis plus une enfant, je saurai être raisonnable et m'arrêter à quelques visites agréables sur des blogs amis... une petite gorgée... cette attirance ne m'effraie plus, tout bien
réfléchi j'en ai compris les mécanismes, il faut rester simple passager pour ne pas y sombrer... ma tasse est vide !
Je bêche, tu bêches, il elle bêche,
nous bêchons, vous bêchez, ils elles bêchent.
Voilà qui résume parfaitement mes occupations du moment, libération du corps et de l'esprit, mis à part quelques douleurs diffuses dans le bas du dos cette
activité me remplit de bonheur.
J'imagine déjà le résultat, un joli potager, riche de couleurs et de saveurs.
Je n'irai pas jusqu'à dire que ce petit coin de jardin me donnera un peu plus de pouvoir d'achat, mais il m'aide à oublier que celui de la majorité des français fond comme neige au
soleil.
Il fait parler ce pouvoir là, mais il fait surtout baver les pauvres gens. Plus moyen de s'acheter une paire de chaussure, compter et recompter du matin au soir, la peur de recevoir un
courrier du banquier....
Une de mes collègues m'a même avoué ne plus pouvoir inviter d'amis à boire un verre, plus de quoi acheter même une bouteille de jus de fruits, la honte de présenter un verre d'eau, d'abord
nourrir les enfants.
Je retourne bêcher pour cultiver des haricots, des bettes, des carottes, alors que les enfants n'aiment que les pâtes... Est-ce bien raisonnable ?
Pauvre arbre, son feuillage a toujours été bien maigre, ces gros fruits jaunes et zébrés ont peu à peu disparus au fil des automnes et ses branches se sont recouvertes de
petites choses vertes qui s'agrippent profondément dans son écorce.
L'été il réussit à nous donner un peu d'ombre, il y met toute sa force.
Il devait bien avoir quarante ans quand nous l'avons connu, il ne vivra plus très longtemps mais peut-être suffisamment pour un pommier.
Maintenant nous parlons de le couper, de le déraciner puisqu'il ne présente plus d'intérêt.
Sauf que je l'aime bien ce pommier, je pense souvent aux mains qui l'ont planté, qui ont pris soin de lui et ont récolté ses fruits bien avant nous.
Il va me manquer.
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