Un anniversaire, 9 ans, et le cadeau qui n'en fait qu'à se tête, un engin bien difficile à manier.
Pendant ce temps, je maniais un objet bien plus sage, un excellent bouquin.
Le sol de mon verger est recouvert de pommes et de poires, mêlées aux feuilles mortes elles attendent que je vienne les ramasser, la première fournée est déjà rangée, de pleines cagettes.
Notre dessert du moment, la tarte aux pommes, que Monsieur prépare délicieusement et que nous mangeons seuls. Pour les poires c'est une autre histoire, elles sont rangées délicatement mais sont
peu convoitées, c'est sûr elles n'ont pas la belle apparence des poires du commerce. Les miennes sont difformes, tâchées de noir... elles n'attirent pas le regard, et ne font pas saliver,
pourtant que leur chère est délicate et sucrée !
Je suis la seule à en manger, je vais tenter l'expérience de la coupe à fruits sur la table, quelques mains vont peut-être s'y arrêter, oubien il va falloir trouver d'autres astuces, et je
connais bien peu de recettes aux poires.
J'ai bien peur que mes filles ne soient trop gâtées, je vais les priver de déssert jusqu'à ce qu'elle s'intéressent aux vrais plaisirs de la campagne et au vrai goût des choses
!
Mes larmes coulent pour un rien, je sais pourtant qu'elles n'ont pas de raison valable, mais elles coulent
sans que je puisse les retenir.
Réponse un peu brusque d'une de mes filles, question toute banale de mon mari à laquelle je n'ai pas envie de répondre, et les voilà qui coulent à nouveau.
Là maintenant pendant que j'écris, elles coulent, je me sens triste et fatiguée de tout, j'ai envie de m'endormir pour ne plus y penser, pour être libérée de ce qui m'entoure.
Une situation difficile à vivre et compliquée, ce soir je ne veux plus parler à personne, j'ai hâte de fermer les yeux, je m'éveillerai demain un peu plus sereine jusqu'aux prochaines larmes
qui viendront couler à nouveau.
Il faut bien un jour reprendre le chemin du travail, les vacances sont terminées et une nouvelle période difficile s'annonce dans le commerce, les fêtes de fin d'année approchent. Les
préparations sont déjà en cours et je dois dire que cela m'indispose, je supporte de moins en moins les mal-polis et les énervés qui se défoulent sur les employés de commerce, fâchés
qu'ils sont contre Carrouf, Auchan ou autre et viennent insulter les employés qui supportent pourtant autant qu'eux les prix forts et les décisions révoltantes des dirigeants.
Ce matin c'était le rendez-vous annuel chez le dentiste, à quatre, les filles et moi, c'est une visite que je ne rate jamais depuis la naissance des enfants, chaque année c'est le défilé sur
le fauteuil de M. T...., très gentil dentiste d'origine asiatique. Comme les autres années il n'y avait rien aux dents, il faut dire que je lutte depuis toujours pour mes gamins contre
la carie, j'en ai trop souffert moi-même quand j'étais enfant.

Réveillée à l'aube, les écouteurs dans les oreilles, Europe 1 qui ressasse toujours les mêmes infos, j'abandonne la radio, mieux vaut le livre, la lampe de chevet posée près de l'oreiller,
Monsieur a l'air de dormir....
Après deux chapitres, j'ai décidé qu'il me fallait me lever, j'avais surtout envie de mon pain grillé beurré et confituré, seule dans la cuisine, pas un bruit, pas un mot, aucun déplacement
autour de moi, le bonheur quoi !
Toujours le grand silence, j'ai donc repris le bouquin, j'en ai avalé la moitié, puis le linge à décrocher et l'autre à raccrocher... Ah ! Une silhouette dans l'escalier, une jeune fille bien
matinale, comme Maman.
Pour répondre à Mab, le doigt est en voie de guérison, il n'est plus douloureux, demain visite à l'hôpital pour une radio de vérification et nous pourrons certainement libérer la main de
l'entrave dans laquelle elle était depuis le début des vacances.
Voilà un dimanche qui n'annonce gris et pluvieux, les feuilles tombent, c'est l'automne, le temps aussi de revenir aux soupes bien chaudes.
Mes vacances se terminent, une semaine ensoleillée et douce, j'ai eu le temps de récupérer mes dahlias et de les mettre à l'abri, de même pour mes géraniums, j'ai aussi nettoyé le potager des
restes de haricots, de tomates et de courgettes, j'ai rendu visite à mes parents, je suis allé visité mon grand à Tours, j'ai rencontré sa petite amie, absolument charmante.
Mais aujourd'hui, que reste t-il de mes vacances ?
Simplement deux jours, une visite à l'hôpital pour vérifier le doigt cassé d'une des filles, quatre énormes corbeilles de linge à repasser, et encore bien d'autres choses que je ne
ferai pas d'ici mardi.
Le temps des vacances passe trop vite.

Warren et moi ne sommes pas amis, j'ai appris son existence il y a deux jours, il aurait pu être un ami de mon père, je me demande si ma vie aurait été différente ?
C'est au pied de cette église, à Anet, que les femmes du village jetèrent le corps de Diane de Poitiers après qu'il ait été sorti de son tombeau et laissé dans la rue par les révolutionnaires qui
la nommaient alors "la putain du roi".
Afin d'épargner cette vision à leurs enfants, elles creusèrent un trou où elle laissèrent tomber le corps la tête la première, ainsi que les corps des petites filles de Diane inhumées avec
elle.
Il y a quelques mois, des os furent sortis de cet endroit et examinés, nous saurons bientôt j'espère s'il s'agissait bien des os de Diane, qui seront remis à leur place dans la chapelle
mortuaire édifiée à sa mort et toujours très visitée.

Il y avait bien longtemps que je n'étais pas allée sur le marché, ce matin dans la brume, pas à l'aube, il était presque 10h quand même, j'y suis retournée. Un patelin voisin, le grand marché du
dimanche, ça sentait bon le poulet rôti et la choucroute, gourmande que je suis j'ai craqué pour des saucisses de filet de poulet, incroyable nom pour une drôle de saucisse blanche bien
salée et dorée comme j'aime.
J'avais avec moi mes deux plus jeunes filles, les demoiselles sont friandes de bijoux, elle ont choisi des boucles d'oreilles, et comme l'air était très frais je leur ai offert des gants, des
gants de laine bouclée, des gants comme des pattes de nounours, la petite les a gardé toute la journée, elle aurait presque mangé ses frites avec....
Je cherchais un gilet, je suis rentrée bredouille de ce côté là, les gilets en ce moment n'ont pas de manches, la mode est bien étrange...